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Interviewées : Mme LIU Bing , Mme LIAO Boya

 

Pouvez-vous nous présenter le projet d’EIBA et votre équipe actuelle ?

Boya : Je vais commencer par pourquoi notre équipe a voulu créer ce projet. Nous avons toujours été intéressées par l’artisanat traditionnel chinois. En mai dernier, les membres de l’équipe sont allés à Guizhou pour faire des recherches, c’est à ce moment-là que nous nous sommes rencontrés.

 

On a décidé de monter ce projet ensemble. En plus de LIU Bing et moi, nous avons un designer français et une fille de Guizhou qui connait bien l’artisanat traditionnel de la province de Guizhou. Nous voulions créer ce projet parce que nous souhaitons montrer une facette inédite de l’artisanat traditionnel à travers des designs contemporains. Nous avons observé qu’aujourd’hui, il est rare qu’on utilise des objets artisanaux au quotidien, parce qu’ils ne répondent plus à nos besoins. Nous espérons pouvoir les réintégrer dans la vie de tous les jours en les réinventant. La première phase de notre projet a donc débuté par des  recherches sur l’artisanat traditionnel et son marché actuel en Chine.

 

En septembre dernier, nous avons participé au PECF de l’ambassade de France, après lequel nous avons réorganisé notre équipe et repenser le développement de notre projet. Nous avons une idée plus précise sur la façon dont nous voulons développer notre marque. Depuis, nous avons discuté avec plus de designers, en espérant qu’ils nous rejoignent. Pour résumé, notre équipe ce n’est pas seulement nous deux, mais aussi un designer de produits et un designer de la marque, et des amis à Guizhou. Nous pouvons réellement dire que la composition de l’équipe a changé.

 

Où en vous êtes de votre projet après le PECF ? Comment envisagez-vous cette année ?

Boya : Notre objectif, cette année, est de finaliser la collection née des tissus Dong, notamment de finir les design et les prototypes. Notre démarche va au-delà de faire revivre l’artisanat traditionnel, nous cherchons à améliorer les matériaux traditionnels. Comme avec les tissus Dong qui perdent leur couleur avec le temps. En général, le rythme de production des tissus artisanaux traditionnels est relativement lent et leur largeur est limitée. C’est pour cela que nous essayons d’innover et d’intégrer des procédés de fabrication améliorés tout en s’inspirant des techniques originales. Nous souhaitons combiner savoir-faire artisanal et productivité industrielle. C’est l’objectif de  cette année.

 

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées cette année ? Quel est le plus grand défi que vous aurez à surmonter dans votre avenir proche ?

Boya : J’ai mentionné certaines difficultés. Mais c’est surtout pendant le travail des matériaux traditionnels que nous avons dû trouver des solutions. Nous avons discuté avec les étudiants et les professeurs de l’Institut de technologies de la mode à Pékin (Beijing Institute Of Fashion Technology) en ce qui concerne le problème de dégradation des couleurs.

Bing : L’autre problème que nous n’avons pas encore rencontré mais auquel nous serons confrontés cette année, est de trouver un équilibre entre l’artisanat traditionnel et une production industrielle de masse, deux concepts qui semblent totalement contraires pour la plupart, et qui sera notre principale tâche cette année.

 

Quels sont vos attentes pour ce projet, comment vous  voyez-vous dans 3 ou 5 ans ?

Boya : Nous ne pouvons pas prévoir l’avenir du projet à long terme, mais nous sommes sûrs de notre objectif et de ce que nous voulons faire : des produits s’inspirant de la sagesse de la vie et de l’artisanat traditionnel. En adoptant des design modernes, nous espérons que ces produits plairont un maximum de gens, et ainsi attirer plus d’attention sur l’artisanat traditionnel, et à terme inciter la population locale à se tourner à nouveau vers les métiers d’artisanat. De manière générale, nous voulons faire de notre projet, un projet de développement durable, mais nous en sommes encore loin aujourd’hui.

Bing : Pour compléter, nous n’avons pas de planning précis pour les 3 ou 5 ans à venir, mais nous avons une vision assez précise des deux prochaines années. Cette année, nous allons résoudre le problème de compatibilité entre design et production. L’année prochaine, nous étudions de plus près le marché. Voilà notre planning pour les deux ans à venir.

 

Lauréate du Prix Cartier 2015, avez-vous des conseils à donner aux entrepreneurs Club France ?

Bing : J’ai deux conseils, après je vais laisser Boya parler. Après le Prix, j’ai déjà donné des réponses similaires : l’entrepreneuriat n’est pas une décision irréfléchie(Rires). Si vous penser manquer de courage ou de confiance, ce ne sera pas facile, pas du tout même. Vous ne pouvez pas le faire seul non plus, il faudra un bon partenaire, une bonne équipe qui partage les mêmes valeurs. Vous devrez faire face à beaucoup de choses avant atteindre votre but, donc il faut au moins un partenaire ou une équipe qui pourra vous soutenir et rendre un peu plus facile le parcours entrepreneurial.

Boya : D’après moi, il ne faut pas créer son projet entrepreneurial pour l’entrepreneuriat. Puisque l’entreprenariat est encouragé dans le contexte aujourd’hui, tout le monde veut faire quelque chose et créer sa propre entreprise. Il faut bien réfléchir et réfléchir encore sur ce qu’on veut faire et avoir un objectif. Il vaut mieux créer un projet qui correspond à ses valeurs et ses compétences ou qui réunit ses centres d’intérêts en un projet professionnel. Ce que je veux dire, c’est que l’entrepreneuriat ce n’est pas seulement une histoire de persévérance.
Boya : Si tous ces éléments sont réunis, je pense qu’il est plus facile d’avancer. Si vous avez une équipe, c’est encore mieux.

Bing : Mais même avec tous ces éléments, ça ne suffit pas (rires) ! En réalité, il existe beaucoup de problèmes. Nous ne sommes pas les meilleurs, mais nous nous accrochons.

 

Comment rester optimiste comme vous ?

Bing : Pour moi, ce projet a du sens. Même si beaucoup tentent de nous décourager, d’autres pensent que « c’est plutôt novateur ce truc »  quand ils comprennent que les produits sont fabriqués de manière artisanale et traditionnelle. Ils nous disent : « jamais nous n’aurions pensé que ce produit pouvait être fabriqué avec ça ». C’est dans ces moments-là que notre projet prend tout son sens.